Et si l'on PARABOLAIT ensemble !

La parabole de la lampe (Luc 8, 16-18 - Marc 4,21-25) Cette « parabole de la lampe » est la bien nommée, car elle est une parabole pour mieux entendre ce qui éclaire et pour éclairer ce qui est à entendre. Or le paradoxe ici est que pour parler d’écoute, Jésus prend une métaphore visuelle, celle de la lampe qui éclaire ce que l’on a du mal à entendre.


La bénédiction des « emmerdeurs » ? On pourrait résumer cette parabole ainsi : c'est une histoire de trois amis, dont le deuxième est gêné de ne pas bien accueillir le premier qui, lui, va en déranger un troisième pour lui offrir trois pains. Or cette parabole nous est souvent présentée comme celle de l'exhortation à persévérer dans la prière...


Le midrache (par Jacques Chopineau) est un genre littéraire familier dans quelques cercles hébraïsants, mais généralement méconnu - voire inconnu. Ce sont surtout des milieux juifs qui connaissent cette littérature exégétique traditionnelle. Des traductions existent parfois, mais il ne suffit pas de traduire les mots pour accéder à la richesse de cette pensée...


Jésus s'explique ici sur les paraboles. Rappelons que lorsque le Christ a voulu nous faire entrer le plus loin possible dans le mystère de Dieu et le mystère de l'homme, il a employé la parabole.


La parabole précédente (Le semeur) nous a montré que le Royaume de Dieu est faiblesse. Dieu a voulu n'être qu'un semeur. Il a accepté pour lui-même et pour son Messie les limites et les dangers qui régissent la condition humaine.


Certes le Semeur ici, c'est fondamentalement Jésus Christ (et souvenons-nous que durant son ministère, il donne jamais l'impression de hâte, de tourment, d'agitation), mais c'est aussi l'Eglise, au sens le plus large, jette (bien ou mal, peu importe ici) la semence.




Pourquoi Jésus de Nazareth parlait-il en paraboles?

Telle est la question que nous aimerions éclairer sur ce site, qui est particulièrement bien nommé pour cette démarche.

Nous aimerions donc aborder cette manière énigmatique d’enseignement de la Parole de Dieu, dans une souci de lecture plurielle.

Ceci étant posé et pour en revenir à notre question, il est étonnant de constater que Jésus, quelqu’un qui n’était pas quelconque, et qui aimait à dire « en vérité je vous le dis », utilisait néanmoins des «historiettes» en forme d’énigmes, que le dictionnaire définit comme un récit allégorique.

Or, notons en préambule que ces paraboles dont Jésus usait sans en abuser, les évangélistes n’en n’ont rapporté très chichement que quelques unes, car on peut supposer qu’il en a énoncé bien plus que celles qu’ils nous ont transmises, ce qui au demeurant est fort dommage.

Pour avancer ensemble dans ce projet, il nous faut préciser quelque peu ce qu’est une parabole . Ce terme s’entend étymologiquement d’abord par sa racine latine
(parabola) qui veut dire « PAROLE », et deuxièmement en grec, (parabolê) qui signifie « COMPARAISON »…

En passant sur l’analogie avec le terme PARABOLE, cette antenne très en vogue qui assure des fonctions de réceptions évoluées, on peut souligner que la Parabole est une parole qui par comparaison, métaphore ou analogie, fonctionne
comme une énigme que l’on ne cesse d’interpréter sans jamais en trouver « Le » sens absolu. A elles seules, par leurs présences dans les Evangiles, elles invalident toute lecture fondamentaliste et littérale de la Bible, ce qui n’empêche pas quelques intolérants de braver l’interdit d’une lecture « à la lettre » des textes sacrés.

Comme nous avons « immodestement » la prétention de ne pas être de ceux là , nous préférons vous encourager dans une lecture herméneutique, et pour tout dire midrachique, des paraboles évangéliques, voire de la Bible toute entière.

A l’instar de la proposition de Pierre Schilling “ Nous approchons la Bible et nous la lisons avec la mentalité du midrache parce que : la Bible EST midrache, toute entière, et depuis son origine”

Pour préciser ce qu’est le midrache commençons par dire ce qu’il n’est pas . « Le midrache ne relève pas du genre littéraire (…) Il n’est pas non plus une méthode d’exégèse » parmi d’autres. « L’approche midrachique est très profonde. Elle est la base de tout. C’est une réalité à découvrir, à sentir. » Pour Armand Abécassis le midrache « ce n’est pas une explication, ce n’est pas non plus un commentaire, ni même une exégèse » . C’est une interprétation. Le terme même midrache possède dans son radical hébreu l’idée d’enquête. Plus exactement pour cet auteur un midrache, c’est : « une interrogation sur le texte à partir des problèmes actuels de la communauté ».

Ainsi, une lecture midrachique des Evangiles, suppose donc une lecture paradoxale des textes, c’est-à-dire qui tiennent à la fois compte du fait qu’ils sont à replacer dans leur historicité, tout en étant une Parole vivante pour l’ici et maintenant. Sachant que les paradoxes ont des effets structurant pour la liberté du sujet, la lecture midrachique de la Bible est en conséquence une manière de découvrir « Le livre » qui fait grandir le Sujet, par une parole qui libère ses potentialités et non qui fixe un sens pour en annuler un autre ou qui fige tout sens pour demain.

L’interprétation midrachique suppose pour ne pas être un délire déconnecté du texte, une grande fidélité à l’Ecriture, dans la rigueur de l’énoncé que dans celui de l’énonciation qui permet de rendre compte de l’effet de la révélation divine qui mets chaque jour en évidence que cet un texte éternel puisque on ne cesse de mettre de nouvelles interprétations. La méthode midrachique ce n’est pas une lecture créative, mais re-créative, il ne s’agit pas d’inventer des interprétations mais de ré-inventer ce qui est dit, afin de respecter ce qui a été révélé.

En effet soyons clairs, dès l’introduction, en tant que Parole libératrice, la Bible n’est pas univoque sur la Vérite, elle l’évoque tout au plus, voire même elle équivoque sur elle pour nous laisser libres de la trouver nous-mêmes . En cela, contrairement à ce qu’on lui trop souvent fait dire le Livre n’a d’accointance avec la Vérité, qu’en ce sens que celle-ci ex-siste à la vérité de chaque Sujet. C’est-à-dire que la Vérité existe quelque part cela ne fait aucun doute, la Bible la contient, ceci est ce qui soutient notre foi et notre lecture toujours renouvelée et pour autant elle n’est capturable par personne. C’est pourquoi il n’y a pas de vérité en soi, elle est tout au plus relative à celui qui l’énonce et au temps de son énonciation. Pour autant si sans aucun doute une Vérité absolue nous transcende, elle reste impossible à dire dans sa totalité, il ne reste donc à notre portée que la vérité de chaque Sujet qui accepte une divine transformation pour advenir ce qu’il est. Cette Vérité transcende toutes nos vérités, c’est tout ce que l’on peut en dire, et que c’est ensemble que nous nous y approchons.

 En conséquence : la parabole libère des sens possibles de la Parole, pour des siècles et des siècles d’interprétations sans jamais altérer l’essence de cette Parole qui s’adresse à tous, quel que soit le temps où elle nous parle. Elle autorise donc quiconque à en faire une interprétation singulière ce dont nous n’allons pas nous priver ici.

C’est précisément ce que nous vous encourageons à faire… à savoir, donner votre propre interprétation des paraboles.

Le principe de cet échange est simple : nous proposons une Parabole dans la version œcuménique de la TOB, avec ces textes parallèles dans les autres évangiles, et ceux qui le désirent écrivent un texte interprétatif complémentaire. Ces textes, nous les apposerons les uns à côte des autres, afin que nos internautes réagissent et que cet édifice participatif prenne la forme d'un débat constructif.

 
Bruno Dal Palu
Texte rédigé pour Paraboles.net. Tous droits de reproduction réservés.

Bibliographie :

Pierre Schiling « Le midrache » publication privée. p. 8 et 9
Armand Abecassis « En vérité je vous le dis » Editions N°1, Paris, 1999, p.109..

 

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Date : 07-04-2006
Pseudo : Un Amateur des Paraboles
Pays : France

Bonjour,

Je pense que si Jésus s'exprimait sous forme de paraboles,
c'est parce qu'il voulait laisser en héritage un message intemporel,
c'est à dire à l'épreuve du temps. Inoxydable, en quelque sorte !
En effet, les paraboles de jésus ne s'usent que si l'on ne s'en sert pas.
Elles se dynamisent et s'actualisent par contre au plus elles sont
consultées, discutées, lues, relues, enseignées, analysées, scrutées,
méditées, racontées, et j'en passe...
Ce ne sont pas de simples histoires ou des contes, ou des fables...
Non, les paraboles sont des paroles de sagesse et de vie que
rien ne saurait altérer ou galvauder. Elles sont tout simplement
précieuses intrinséquement et se soutiennent d'elles-même,
porteuses de leur richesse interne comme l'huitre perlière qui cache
sa perle de grand prix avec beaucoup de discrétion et de modestie,
prête à révéler son trésor intime aux chercheurs d'excellence ! 

Un Amateur des Paraboles

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Date : 24-02-2007
Titre de l'article : Pourquoi Jésus de Nazareth parlait-il en paraboles
Nom ou Pseudo : ronsard
Réaction : Si Jésus emploie la parabole c'est pour mieux Exprimer le Verbe
qui est l'Expression de l'Etre-Dieu.
Aucune langue (à ma connaissance) n'incarne le Verbe en Vérité, tandis que
l'Image, par le moyen parlé, compare notre pensée à l'échelle de la Raison.
L'ajustement est immédiat aux âmes vibrantes, mais lettre morte à
l'intellectualité.

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Date : 11-03-2007
Titre de l'article : Pourquoi Jésus de Nazareth parlait-il en paraboles
Nom ou Pseudo : Bruno Dal Palu
Pays : France
Réaction : Bonjour,
Voici ma réponse à votre message :
Vous avez raison, parler par image permet d'introduire un langage universel.
C'est comme la musique; elle n'a pas besoin de mots pour traduire une
émotion...
J'ajoute que c'est un langage universel et éternel, car l'image bouge au fur
et mesure du temps. Comme un bon vin, elle se bonifie avec le temps...

BDP.

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