Et si l'on PARABOLAIT ensemble !


La parabole de la lampe.
Luc 8, 16-18 - Marc 4,21-25

On ne peut faire l’économie de commencer cette rubrique par la parabole de la lampe, car elle nous éclaire sur notre façon d’écouter la Parole .

« Personne n’allume une lampe pour la recouvrir d’un pot ou pour la mettre sous un lit ; mais on la met sur un support pour que ceux qui entrent voient la lumière. Car il n’y a rien de secret qui ne paraîtra au jour, rien de caché qui ne doive être connu et venir au grand jour. Faites attention à la manière dont vous écouter. Car a celui qui a, il sera donné, et à celui qui n’a pas, même ce qu’il croit avoir lui sera retiré ».

La parabole de l’Evangile parallèle à celle-ci, est un peu plus explicite.

« Il leur disait : « Est-ce que la lampe arrive pour être mise le boisseau ou sous le lit ? N’est-ce pas pour être mise sur son support ? Car il n’y a rien de secret qui ne doive être mis au jour et rien n’a été caché qui ne doive venir au grand jour. Si quelqu’un à des oreilles pour entendre qu’il entende ! » Il leur disait : « Faites attention à ce que vous entendez. La mesure vous servira de mesure pour vous et il vous sera donné plus encore. Car a celui qui a, il sera donné, et à celui qui n’a pas, même ce qu’il croit avoir lui sera retiré ».

Cette « parabole de la lampe » est la bien nommée, car elle est une parabole pour mieux entendre ce qui éclaire et pour éclairer ce qui est à entendre.

Or le paradoxe ici est que pour parler d’écoute, Jésus prend une métaphore visuelle, celle de la lampe qui éclaire ce que l’on a du mal à entendre. Pour qui a fait de la communication, voire même quelques stages de psychopédagogie ou de PNL, il ne sera pas surpris, puisqu’il sait que nous pouvons entendre les choses de manière très visuelle, ce qui fait souvent dire à ceux qui fonctionnent ainsi, par exemple : « Je vois bien ce que tu veux dire », « Ce que j’entends me paraît très clair », autant d’expression sur ce qui est dit ou entendu, et qui porte des prédicats du registre de la vision. En outre, il n’est pas étonnant que Jésus ait pu parler ainsi, car quelque soit la foi qu’on peut avoir en lui, nul ne contestera que c’était un grand visionnaire.

Mais pour en revenir à la parabole il faut se poser la question suivante : qu’est-ce qui éclaire ce qui est à entendre ?

Sachant que c’est dans un contexte spirituel que se situe cette parabole, en conséquence ce que l’on entend c’est évidemment la Parole de Dieu, car c’est ce dont il s’agit dans les textes précédents. Mais ce qui éclaire cette Parole de Dieu c’est bien entendu Jésus qui éclaire notre chemin de vie. Dans ce cas, ce texte interpelle tous nos contemporains chrétiens qui cachent leur appartenance à Jésus-Christ, parce que cela n’est plus « tendance », ou que cela fait « névrosé de base » qui aurait besoin de se soutenir dans la vie grâce à la croyance en la présence d’un Grand frère fils de Dieu. Alors qu’en fait, qu’il nous est demandé d’être fier d’être éclairé par un être lumineux.

Cela peut également se comprendre comme l’Evangile, autrement dit la Bonne Nouvelle, ce qui veut dire que ce sont les paroles de Jésus qui illuminent d’un nouvel éclairage la Parole de Dieu, que l’on trouve notamment dans la Tora juive.

Mais ce qui éclaire peut également s’entendre comme l’Esprit Saint, dès lors : « Cette lampe merveilleuse qui est encore cachée au fond de nos cœurs, de nos consciences, c’est la source de lumière et de chaleur, l’esprit, envoyé et déposé par Jésus, Lumière du monde, de la vie, de notre vie, du Père. »

Cela peut également s’entendre comme la communauté des chrétiens, lesquels sont à l’image de Christ, qui n’a pas eu honte d’être le porte parole de la Parole de Dieu. En effet, on peut lire dans l’Evangile de Matthieu,

« Vous êtes la lumière du monde. Une ville située sur une hauteur ne peut être cachée. Quand on allume une lampe ce n’est pas pour la mettre sous le boisseau, mais sur son support et elle brille pour tous ceux qui sont dans la maison »

« Ne les craignez donc pas ! rien n’est voilé qui ne sera dévoilé, rien n’est secret qui ne sera connu. Ce que je vous dis dans l’ombre, dites-le au grand jour, ce que vous entendez dans le creux de l’oreille, proclamez-le sur les terrasses »

Il ne fait donc pas de doute que cette parabole s’adresse à tous ceux qui suivent Jésus, ce que l’on peut traduire aujourd’hui par tous les chrétiens. En cela cette parabole nous est adressée pour que nous cessions de cacher la Parole de Dieu, ainsi que les paroles de Jésus, dans ce monde déchristianisé, laïcisé, pour ne pas dire païen. C’est donc une parabole qui nous encourage à être des lampadaires pour la lumière, ce qui suppose d’aiguiser notre intelligence de la Parole, pour la faire briller envers ceux qui sont encore dans les ténèbres, non qu’ils soient en enfer, quoique, mais surtout envers ceux pour qui la Parole est toujours obscure.

Si l’on attrape cette parabole par l’autre type d’occurrence, autour du thème de « la mesure », on découvre qu’il s’agit d’écouter sans juger.

« Car c’est de la façon dont vous jugez qu’on vous jugera et c’est la mesure que vous vous servez qui servira pour vous » 

« c’est dans la mesure..."

Troisième type d’occurrence celle ou la lampe c’est l’œil :

« Personne n’allume une lampe pour la mettre dans une cachette, mais on la met sur son support , pour que ceux qui entrent voit la clarté »

Or au verset suivant l’évangéliste associe la lampe à l’œil : « La lampe de ton corps c’est l’œil »

Ce qui sous-entend que si l’on ferme sans cesse les yeux, ou si nos yeux sont malades, on reste dans les ténèbres. Cette parabole nous encourage donc à rester éveillé. Une fois encore Jésus nous encourage à rester vigilant en ce monde, et pour celui-ci, afin de le protéger.

Quatrième type d’occurrences celle qui concerne « l’avoir » :

« Car à celui qui a il sera donné, et il sera dans la surabondance : mais celui qui n’a pas, même ce qu’il a lui sera retiré »

Ce n’est pas donné de savoir entendre, et si l’on ne fait pas cet effort, on perd le peu que l’on a. (Cela renvoie à ce qu’évoque une autre parabole , celle des talents que nous étudierons plus loin). A ceux qui ont acquis cette capacité d’entendre, il leur sera donné d’écouter encore mieux, tandis que ceux qui ne l’ont pas, même lorsqu’ils croient comprendre quelque chose, leur interlocuteur incompris sauront bien leur faire savoir le contraire.

Jésus par cette parabole nous suggère donc les règles essentiel de l’écoute. Savoir écouter, c’est permettre à un autre d’entendre ce qu’il dit. Cela suppose un certain nombre de conditions d’écoute, ainsi qu’une grande neutralité de l’écoutant. Favoriser également des conditions matérielles qui évitent les parasites de communication, dont le boisseau est ici une métaphores des bruits, des problèmes de voix, de langue communes, de comportements non-congruents, etc…. Il faut veillez à éviter la déperdition du message, et à cet endroit il s’agit de la Parole de Dieu et des paroles du Christ, qu’il faut savoir mettre à la bonne place.

Bruno Dal Palu
Texte rédigé pour Paraboles.net. Tous droits de reproduction réservés.

Sources :

Antoine de la Garanderie
PNL , qui s’appuie sur le VAK….
Raymond Truchon, « Aujourd’hui les paraboles » Ed ; Anne Sigier, Québec, 1980, p.25.

Matthieu, 5,14
Matthieu, 10, 26-27
Matthieu 7, 2
Luc, 11, 33
Luc, 11, 34
Matthieu 13,12

Le midrache par Bruno Dal Palu. Pour préciser ce qu’est le midrache commençons par dire ce qu’il n’est pas . « Le midrache ne relève pas du genre littéraire (…) Il n’est pas non plus une méthode d’exégèse » parmi d’autres. « L’approche midrachique est très profonde. Elle est la base de tout. C’est une réalité à découvrir, à sentir...


Le midrache (par Jacques Chopineau) est un genre littéraire familier dans quelques cercles hébraïsants, mais généralement méconnu - voire inconnu. Ce sont surtout des milieux juifs qui connaissent cette littérature exégétique traditionnelle. Des traductions existent parfois, mais il ne suffit pas de traduire les mots pour accéder à la richesse de cette pensée...


La bénédiction des « emmerdeurs » ? On pourrait résumer cette parabole ainsi : c'est une histoire de trois amis, dont le deuxième est gêné de ne pas bien accueillir le premier qui, lui, va en déranger un troisième pour lui offrir trois pains. Or cette parabole nous est souvent présentée comme celle de l'exhortation à persévérer dans la prière...


Comprendre les paraboles de Jésus. Cela implique d'être capable de comprendre  et de parler le langage universel et éternel du symbolique. La parabole, plus qu'une parole qui a de l'effet dans l'ici et le maintenant, est une parole d'éternité dans la mesure où, si quelques phrases se font paraboles, c'est d'une part qu'elles s'adressent à ceux qui les reçoivent comme telles...


 

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Première réaction !

« Personne n’allume une lampe pour la recouvrir d’un pot ou pour la mettre sous un lit ; mais on la met sur un support pour que ceux qui entrent voient la lumière. Car il n’y a rien de secret qui ne paraîtra au jour, rien de caché qui ne doive être connu et venir au grand jour. Faites attention à la manière dont vous écoutez. Car à celui qui a, il sera donné, et à celui qui n’a pas, même ce qu’il croit avoir lui sera retiré ».

Dans cette parabole, il y a en effet un lien intéressant entre la notion d'une source de lumière, que tout le monde voit, et le fait d'écouter. On passe en quelque sorte "en un clin d'oeil" d'une approche visuelle à une perception auditive, sachant qu'il s'agit de deux canaux d'apprentissage différents. Certains vont acquérir des connaissances plus facilement s'ils sont confrontés à des schémas ou à des graphiques, d'autres retiendront les notions transmises plus aisément par le biais de l'écoute...

Ce qui est sûr, c'est qu'en nous demandant de "faire attention", Jésus nous alerte, et nous invite à ne pas prendre à la légère l'exigence, voire même le devoir, de s'instruire. Il rejoint ainsi les psaumes, qui nous exhortent à "rechercher l'instruction" avec ardeur et persévérance, comme un bien précieux, plus précieux que l'or fin !

Se former donc, se forger un bon bagage culturel, faire travailler ses méninges, avoir un esprit vif et affuté, savoir utiliser sa matière grise...
Oui, mais aussi se former l'âme, se tremper le caractère, et apprendre de la vie les leçons qu'elle est toute disposée à nous enseigner, au jour le jour.

Voila qui est plus laborieux, moins attirant, plus terre à terre, presque banal : l’apprentissage du quotidien, les « cahiers de devoirs au jour le jour"…
Pas de diplôme à la clé, pas de médailles ni d'apparition en tête d'un palmarès x ou y !

Jésus, qui est « la Vie », transcende la grisaille de cet apprentissage au quotidien, et donne un sens particulier et unique à ces petits évènements de tous les jours, ces occasions multiples de progresser, de découvrir, de s'émerveiller. Il les transforme pour nous en pépites, en véritables sources de lumière, lumière pour nous-mêmes et pour les autres.

Car à celui qui veut apprendre patiemment, et recevoir en ayant les regards tournés vers la source de Vie, il sera donné d’avantage, chaque jour, une bonne mesure de ce fameux « pain quotidien » du Notre Père, ce « pain de vie » dont nous avons tellement besoin, ce pain qui donne du sens, qui éclaire et nourrit en vérité !

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