Les catholiques et la presse
ne font pas bon ménage

Courrier International N°675

 Les chrétiens ont aujourd'hui la possibilité de se défaire de leur image populaire de prêcheurs. La prédication n’est pas un moyen de communication très apprécié à l’heure actuelle. Il fut un temps où des milliers de personnes étaient capables de se rassembler en plein air pour écouter un prédicateur célébre. Aujourd’hui, chacun veut être entendu et les capacités d’attention diminuent. Et pourtant, l’image du prêcheur est si enracinée dans la conception chrétienne du ministère que la plupart des prises de position publiques adoptent cette forme, provoquant ainsi leur propre défaite. Sans aucun doute, là réside la raison des échecs de l’Église à apparaître sincèrement repentante lorsqu’elle demande pardon pour ses fautes. Il est plus difficile aux prêcheurs qu’aux professeurs de reconnaître leurs erreurs.

L’alternative à la prédiction est l’enseignement. Les contemporains de Jésus lui donnaient le titre de maître beaucoup plus souvent qu’aucun autre. Il était écouté, même s’il n’était pas toujours compris. Aujourd’hui, alors que la notion d’autorité a été complètement transformée, les gens répugnent à s’entendre indiquer ce qu’ils doivent faire, surtout en fonction d’une révélation qu’ils ne comprennent pas. Aidez donc les gens à comprendre par l’expérience ce qu’est la révélation. Montrez-leur la richesse des témoignages qu’elle a fait naître dans une tradition qui les a formés culturellement, même s’ils la rejettent. Communication, engagement, compréhension : tout cela suivra.

Laurence Freeman, moine de l’ordre de saint Benoît,
directeur de la World Community for Christian Meditation

 

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