CROYANTS...
MAIS FACHOS !

Que le christianisme soit un enfant de Judée, sabbatique et circoncis, il n'y aura jamais assez d'inquisitions pour s'acharner à en brûler l'évidence !

 

Le nombre de toxicos de la foi qui se massacrent partout dans le monde apporte chaque jour une eau de plus en plus sale au moulin des prières, qui tourne au vent d'Allah, de Brahma ou de Jéhovah.

Et pour cause : les grands systèmes religieux se sont obstinément construits contre ceux qui les précédaient. La concurrence, voilà l'ennemie. A l'histoire, aux émotions collectives et aux migrations des peuples de faire ensuite breveter l'acte fondateur du fait religieux. Lequel n'est jamais qu'une cristallisation de tout ce qui tournoyait, à un moment donné, dans l'air d'une région.

Que le christianisme soit un enfant de Judée, sabbatique et circoncis, il n'y aura jamais assez d'inquisitions pour s'acharner à en brûler l'évidence ! Que l'islam doive toute sa gamme d'inspirations prophétiques et l'essentiel de sa charia à un brain-trust de moines syriaques, de rabbins mecquois et de poètes du Hedjaz, voilà de quoi titiller le sabre des moudjahidin ! Que des bouddhas aient eu le culot de veiller en rigolant pendant plus de mille ans sur des vallées où le yin et le yang avaient précédé de muezzin, voilà ce que ne purent souffrir les talibans de Bamyian.

A l'inverse, qu'un mausolée moghol et islamique ait dressé en Inde, à Ayodhya, sa modeste coupole bien avant qu'y naisse théoriquement le dieu hindou Rama, voilà ce qui mit en fureur les adorateurs des Veda ! A la hache, encore ! Concassez ce passé que l'on ne saurait ni croire ni voir ! La concurrence, toujours !

La négociation de l'autre est la pierre sur laquelle elles assoient l'affirmation de soi. On savait déjà que toutes les croyances portaient en elles des alternances d'ombre et de lumière, d'ouverture et d'embastillement. On s'avise aujourd'hui qu'elles distillent, dès l'origine, le dogme de la fermeture à l'autre.

Exemple : les rites de pureté qui se retrouvent de l'hindouisme au Coran, en passant par le Judaïsme. Le Brahmane, jamais, ne partagera son eau avec celle d'une autre caste. Laquelle repoussera à son tour avec horreur le sans-caste qui oserait se traîner vers son puits.
Le Talmud proscrit toute viande qui ne ce soit pas spécifiquement abattue et même le tissage des vêtements interdit l'alliance de certaines fibres. Le Coran reprend la distinction entre pur et impur : le monde des croyants s'érige ainsi en monde singulier, retranché. C'est ce qui va donner cohérence à son système social et incohérence au reste de la planète. Goinfré de son propre sublime, on s'en va trucider gaiement !

"La loi du non-mélange est une loi sacrée universelle, constate Michel Dousse. Elle introduit immédiatement une discrimination au sein de l'identité. Son but est de séparer. C'est la grande contradiction du fait religieux : il est à la fois ce qui rassemble et ce pourquoi on s'oppose."

 

Journal Marianne n°292
d'après des extraits d'un article de Martine Gozlan

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